Faïencerie de Pornic

Faïencerie de Pornic
Entreprise


Il était une fois la Manufacture Bretonne de Faïences Artistiques...


Les débuts

 


En 1946, Pornic n'est plus la charmante station de l'âge d'or des bains de mer. Les habitants sont marqués par leur enfermement dans la "Poche de St-Nazaire" dont ils n'ont été totalement libérés qu'en mai 1945.


L'ouverture de la Manufacture Bretonne de Faïences Artistiques (M.B.F.A.) apporte une véritable bouffée d'oxygène dans la relance balbutiante de l'après-guerre.


Créateur d'emplois en 1948 et géniteur d'une pléthore de décors sur faïence pendant un demi-siècle, ce nouveau souffle puise sa source en Lorraine, dans l'esprit de la famille Dryander.


Les Dryander sont faïenciers de père en fils depuis 1827 et propriétaires de la manufacture de Niderviller en Moselle. En septembre 1939, Émile Dryander directeur à l'époque, fuit l'occupation allemande et se réfugie avec son épouse à Pornic.


L'aventure pornicaise commence véritablement le 3 février 1947 par la tenue du premier Conseil de Gérance de la M.B.F.A. Puis, au cours de l'été 1947, un de ses fils, Gustave, appuyé par sa femme louent à Pornic une usine désaffectée aux allures de vieille fabrique anglaise.


Rémi Doucet, l'un des précurseurs, directeur adjoint jusqu'en 1948 transforme la petite usine électrique en manufacture, installe un magasin au rez-de-chaussée, un premier petit four et un atelier au premier étage.



Une aubaine pour la population


L'ouverture de la manufacture est une aubaine pour la population. Quatre-vingts personnes de tous âges et de toutes origines sont ainsi recrutées sur de simples tests de dessin, et les futures monitrices partent en stage à Niderviller. 


La filiale pornicaise sera inaugurée discrètement le 1er janvier 1948, sous la raison sociale de M.B.F.A. (Manufacture Bretonne de Faïences Artistiques). Mais la production ne commencera véritablement qu'en mars. Des piles de biscuit* arrivent par wagons entiers à la gare de Pornic pour y être décorés. Ils proviennent de la maison-mère en Lorraine qui les fabrique pour les deux sites : Niderviller et Pornic.


* Le "biscuit" (forme brute non-émaillée) n'a donc jamais été fabriqué à Pornic. Après l'"indépendance" il nous a été impossible de continuer à nous fournir à Niderviller. Nous achetons désormais notre biscuit exclusivement à des fournisseurs européens (au Portugal principalement). Il faut savoir que celui-ci est une matière première qui ne représente qu'au plus 5% à 10% de la valeur finale du produit.


Le métier de la MBFA - qui deviendra Faïencerie de Pornic - est depuis toujours la décoration sur faïence.

Bernard Serraz


Les premières créations sont véritablement artistiques, insufflées par Bernard Serraz, diplômé de l'École des Arts Décoratifs de Paris, et par Paul Urfer, céramiste de profession et recruté comme créateur de décors.


Les collections de la petite fabrique prennent place au Salon des Arts du Feu à Lyon parmi les plus grands noms.


Bernard Serraz arrive de la Faïencerie de Niderviller et s'occupe de la mise en œuvre de celle de Pornic.

Il est désigné directeur en novembre 1947, poste qu'il occupera jusqu'à sa retraite en 1981.

Les années 50



Un départ trop fulgurant !


Le projet s'avère un peu trop ambitieux et la maison-mère de Niderviller est confrontée à des problèmes financiers qui ébranlent également Pornic. Même si la demande est forte, la commercialisation ne suit pas le rythme. 


En avril 1949, tout le personnel est remercié, à l'exception des cadres. La M.B.F.A. réembauche dans la foulée, mais sur des bases plus raisonnables, avec quatre décoratrices pour très vite passer à vingt.


L'arrivée du Petit Breton...


La production repart, mais cette fois pour engendrer une seconde lignée aux côtés des créations pour les Arts de la Table. Le tourisme se développe grâce aux congés payés et les vacanciers retournent en ville avec un souvenir du pays dans leurs valises.


La Faïencerie se lance donc dans ce créneau régional et Raymond Cordier*, ancien coiffeur et chef de l'atelier de décoration, crée alors le Petit Breton dont la progéniture dépasse à l'heure actuelle les vingt millions d'exemplaires.


* Raymond Cordier, décédé en 1987, repose à Mas-Grenier dans le Tarn-et-Garonne.



Et celle des peintres...


Si le régionalisme apporte le pain quotidien, les années 1950 sont également riches en créations et en réalisations de pièces uniques, grâce notamment aux décors originaux d'artistes peintres tels qu'Émile Folliette, Bernard Roy et Henry Simon dont les scènes maraîchines étendront la renommée pornicaise en Vendée.


Ce rayonnement s'amplifiera d'abord grâce à Raoul Bréteau, ami d'Henri Simon, droguiste à Challans puis avec l'arrivée en 1950 de Charles Mirgon*, inlassable et souriant représentant de commerce de la Faïencerie pendant 43 ans.


* Charles Mirgon nous a quitté en mars 2011.


Mais le marché de la faïence se sature, la maison-mère décline et la banque Wörms devient actionnaire majoritaire de Niderviller et donc de la M.B.F.A. Pourtant l'atelier ne chôme pas, d'autant plus qu'une prime à la productivité double la cadence.


La M.B.F.A. a un bureau d'échantillons à Paris, rue de Paradis dans le quartier traditionnel des porcelainiers, des faïenciers et des verriers. José Taboada, directeur commercial du groupe, prospecte les grands magasins parisiens (le Printemps, les Trois-Quartiers, les Galeries Lafayette, le BVH) et Pornic présente toujours de nouvelles collections au salon des Arts du Feu, Porte de Versailles.


Les années 60 et 70



La Faïencerie écoule 30 tonnes d'articles par mois, soit 80.000 à 100.000 pièces. Les décoratrices travaillent à deux pour réaliser 350 bols par jour. Raymond Cordier puis Jacques Guérin, chef de fabrication depuis 1972, étudient et testent de nouvelles matières tandis que la mode des vaisseliers relance les ventes d'assiettes décoratives dans les styles des Faïenceries de Nevers ou d'Épinal.


En 1981, Bernard Serraz prend sa retraite et laisse un souvenir très humain à l’ensemble du personnel. Lucette Loirat, décoratrice en chef, reçoit en 1979 le titre de Meilleur Ouvrier de France en décoration sur faïence.


Vers la modernisation


Jacques Pontus, céramiste-modeleur de formation, succède à Bernard Serraz. Alors que la chute de la maison-mère se précipite, la banque Wörms vend Pornic et Niderviller, regroupées sous le nom de S.E.F.N.P. à la société SITRAM, fabricant de casseroles. 


La SITRAM investit et modernise. La production est mécanisée ; un four à gaz novateur accélère le rendement, un ascenseur allège le travail, tous les postes sont rationalisés. La M.B.F.A. esquisse son visage actuel.


Les années 80


Dans les années 1980, les Arts de la Table amorcent un net déclin. À Pornic, ce domaine représente encore 50% de la production, malgré la concurrence de l'étranger et notamment de l'Espagne et du Portugal.


Quant à la mode, elle est au rupestre, aux décors sobres et naïfs en nuances pastel et le peint main (l'atout majeur de Pornic depuis toujours) ne fait plus recette.


Prévu pour être peint main, le croquis est repris au vaporisateur avec des rehauts en vert et rose tendres, conformément au goût du jour. Il était alors audacieux d'orner un plat d'un petit village campagnard ; à sa présentation au salon de janvier 1982, son succès est immédiat.


À la différence des autres décors qui ne survivent généralement que deux ans, Village perdurera cinq ans et se vendra à plus d'un million d'exemplaires.


Le décor Village, un succès fulgurant dans les années 80.

Outre son style naïf et ses nuances pastel en vogue à l'époque, une affiche électorale aurait, en 1981, contribué à sa bonne fortune... la force tranquille.

Dans ce morne paysage surgit un véritable coup de chance, qui avait été ébauché par Bernard Serraz juste avant son départ à la retraite : le décor Village.
évu pour être peint main, le croquis est repris au vaporisateur avec des rehauts en vert et rose tendres, conformément au goût du jour. Il était alors audacieux d'orner un plat d'un petit village campagnard ; à sa présentation au salon de janvier 1982, son succès est immédiat. À la différence des autres décors qui ne survivent généralement que deux ans, Village perdurera cinq ans et se vendra à plus d'un million d'exemplaires.

Les années de crise



1987 est une année douloureuse pour la faïencerie française en général : le salon professionnel Bijorhca voit le nombre de ses visiteurs chuter de 30%. La SITRAM refuse de combler les déficits de 1986 de la S.E.F.N.P.


L'inévitable dépôt de bilan est prononcé en juin. À Pornic, le personnel se mobilise pour sauver l'entreprise. Sur un effectif de 43 personnes, une partie choisit d'accepter une prime de départ et 25 valeureux salariés se regroupent en SCOP, sous la direction de Jacques Guérin qui assure une gestion rigoureuse et ramène le calme.


L'époque est à la solidarité et un travail interne en équipe renouvelle les collections destinées aux Arts de la Table, avec des motifs recherchés, inspirés du textile.

27 collections très variées verront le jour : Laken, Cottage, Arcade...


Les motifs traditionnels sont actualisés et le Petit Breton s'orne d'une guirlande, tandis qu’éclot la Fleur de Lys, longtemps numéro deux des ventes d'articles régionaux.

En six ans, les salariés de la SCOP réussissent à rehausser le chiffre d'affaires de 30%. Mais le destin de Pornic est encore lié à celui de Niderviller qui, dans sa chute, l'entraîne vers un nouveau redressement judiciaire en juin 1993.

Seul espoir pour Pornic : retrouver un repreneur.

L'indépendance


Jules Wagner*, Luxembourgeois d'origine et ancien responsable commercial export chez Villeroy & Boch, rachète la manufacture pornicaise, sans celle de Niderviller.  Indépendante depuis le 1er février 1994, sa raison sociale est simple et claire : Faïencerie de Pornic.

 

Grâce à son expérience de la profession et à son réseau relationnel, Jules Wagner développe les ventes à l'exportation, notamment aux États-Unis, sous le nouveau label French Heritage.

 

Les collections pour les Arts de la Table retrouvent alors un second souffle et représentent jusqu'à 20% d'une production totale chiffrée à 800.000 pièces par an. De jeunes stylistes rénovent les motifs traditionnels.


En 1996, la Faïencerie inaugure une boutique d'usine où le public est également convié à s'initier à l'art de la décoration sur biscuit. En 1998, année du jubilé de la Faïencerie, d'autres boutiques ouvrent leurs portes, sur la Côte Atlantique mais aussi sur la Méditerranée, avec des créations adaptées aux régions et sous le nouveau label Ceramar.


Définitivement détachée de Niderviller, la Faïencerie est désormais solidement ancrée à Pornic, d'où elle fait rayonner en toute liberté, en France et à l'étranger, la qualité de ses articles peints à la main.


* Jules Wagner nous a quitté en septembre 2012.


Le XXIème siècle



En septembre 2003, la Faïencerie de Pornic est reprise par Pierre Woda, Lorrain d'origine, ligérien d'adoption, européen convaincu, avec une grande expérience en informatique, gestion d'entreprises et à l'international.


L'extension du bâtiment de stockage, destinée à accueillir jusqu'à 300 palettes, est réalisée en 2004. Une étude est réalisée tout au long de l'année 2005 pour mettre sur pied un circuit de visite de l'usine. 


En 2006 ce projet devient réalité et la Faïencerie de Pornic se met à accueillir régulièrement des visiteurs : groupes, privés et institutionnels. En avril, le chemin du Cracaud où est situé la Faïencerie devient la Rue de la Faïencerie.


La boutique d'usine est à son tour agrandie en 2007, puis la partie existante est rénovée. L'ensemble est officiellement inauguré en 2008.


La licence exclusive d'exploitation des dessins Bécassine est acquise en 2010.


La page Facebook de l'entreprise est créée en 2012.


La boutique en ligne, initiée en 2005, est fortement développée en 2009, puis complètement revue en 2015, avec entre autres l'implémentation du configurateur unique de bol prénom et de chope prénom.



En 2016 la Responsabilité Sociétale de l'Entreprise (RSE) est évaluée EXCELLENTE par Biom Work, agence de notation indépendante spécialisée dans le développement durable.

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